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Steph Ragga Man, leader du style Ragga au Maroc, nous parle de lui, de sa musique et de ses projets à travers cette interview, sans censure. Il se montre tout simplement lui-même …
Qui est Steph Ragga Man en quelques mots ?
Déjà il s’appelle Mustapha, il a 27 ans et est professeur d’EPS au lycée ... habitant un quartier mythique de la métropole, en l’occurrence HAY MOHAMMADI, cool , sympa , très attaché à sa religion, jeune chanteur de ragga qui a envie de voir l’espoir d’un bel avenir pour son pays pour sa jeunesse, bref un monde parfait, wakha â chi chwiya … Hamdoulilah.
Peux-tu nous raconter ton parcours avant le Ragga ?
Ben, un grand slalom géant entre le Rap et le Volley Ball : mes deux passions qui m’ont accompagné. J’ai fait mon choix à la fin, c’était la musique. Ça ne veut pas dire que ça ne sera que le Ragga, la preuve c’est que je suis sur un projet SLAM. Je ne pourrai pas, pour le moment, communiquer de date, mais je dirais que chaque jour j’apprends un truc nouveau positif dans ma carrière d’artiste, je dirais une mise à jour ou Safi …
Tu es en quelque sorte le pionnier du Ragga au Maroc, as-tu trouvé des difficultés à imposer ce style de musique ?
Un conseil chère amie, pas la peine de poser cette question aux artistes car trouver des difficultés c’est une certitude - ha ha - dans le domaine musical au Maroc… Bref trouver où enregistrer, connaître des gens sérieux pour bosser, trouver des sponsors, des lieux de répèt’, des concerts… etc représentent un grand fardeau pour cet humain appelé communément artiste… Les organisateurs s’en balancent des artistes et de la qualité de leurs productions, les radios s’en mettent plein les poches et vendent des espaces de pub. La musique des artistes sert de garniture pour vendre une pub de Raybi ou de savon. Les studios, faut jamais s’en approcher si t’as les poches vides. Même un James Brown on le jetterait à la rue s’il n’avait pas le dirham nécessaire… ou zid ou zid a wadi
Bref, sans citer d’exemples la plupart des artistes finissent avec des dépressions lah ihfed. Pour les autres, ceux qui remplissent les ondes (hadouk li ba3ou lmatch) ils vendent leur âme les pauvres pour une petite prestation télé qui passera à 3h du matin alors que koulchi na3ess. Pour finir, faire de la musique au Maroc, c’est dur !!!
Comment se fait le choix des paroles et de l’instru, y’a-t-il une aide quelconque ?
Pour les paroles, c’est moi-même, pour les instrus, je travaille avec des compositeurs dj van, hamid daouissi … Pour mon futur projet SLAM, je crois que je n’en aurai pas besoin car j’ai envie de faire de l’accapela et avoir la force des mots, pas du rythme. Ainsi, faire passer des messages avec une façon poétique, simple, claire et proche du peuple, surtout les jeunes, cette tranche sociale en perte de repères qui se laisse aller dans la forte consommation de drogues et de délits ; je parle de la grosse majorité de jeunes dans les grandes villes que je côtoie à travers les concerts, mon travail, les voyages, les rencontres, les quartiers… On voit que tu as des featurings avec pas mal d’artistes tel que Ahmed Sultan et Bigg. Ce sont des choix stratégiques que tu fais afin de t’imposer encore plus ?
Non, pas du tout. C’était juste le feeling. Bigg, c’est un ami d’enfance et on voulait faire un son ensemble, et puis Ahmed Sultan, c’était un trip qu’on a fait en studio, rien de plus.
Tu as balancé plusieurs titres sur les ondes, mais là, on ne t’entend plus depuis quelques temps. C'est dû à la préparation de ton album ?
Non, c’est que je suis un peu en période de ressourcement. Je préfère être loin et observer. J’ai une nouvelle vision que je veux entreprendre avec la musique surtout ne jamais être dans la tendance, faire les choses qui me plaisent et que le produit soit plus mûr et bénéfique pour le récepteur. Je veux aller au delà de la musique et des mots, c’est pour ça que je prends le temps nécessaire, et surtout je veux être loin du biz, du flooss car ça tue l’art. Je veux être dans le plaisir et dans la mission humaine
Les gens te comparent souvent à Sean Paul. Est-ce un artiste qui a beaucoup d’influence sur toi ?
Oui, on pourrait comparer votre magazine à Telquel ou à Casamaville. On pourrait comparer une planche de surf à une autre de long board. On pourrait comparer un téléphone portable à un bipper.
Mais chacun a sa spécificité, ses goûts, son champs d’action… Alors Mustapha ou Steph Ragga Man ne pourra jamais être Sean Paul ni Franck Sinatra. Ajoutons à cela que l’autre se tape 200 concerts par an et circule en jet alors que moi je mange loubya ou je galère fles taxis et, pour être clair, la vie des jets et des grosses villas ne me dit rien…
Des projets pour 2009 ?
Un projet SLAM en préparation inchalah
Quel conseil donnerais-tu aux personnes qui aimeraient percer dans le Ragga ?
Comme toute chose dans la vie le travail, le travail, le travail !!! C’est la seule chose qui paye.
Merci Steph Ragga Man pour cette interview et à très bientôt sur scène.
Un grand salam à l’équipe et bonne continuation à vous aussi.
Steph Ragga Man Myspace
Leila Chahad |
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